AmeriKKKa Über Alles : au-delà de l’OTAN, la France, et les pays en Europe, sont déjà largement américanisés, et le phénomène s’aggrave

A l’instar du vrai « Néo » tel qu’il advient à lui-même quand il prend conscience qu’il n’est qu’un pion dans un jeu de machines qui ont organisé l’exploitation des êtres humains en tant qu’énergie, un Néo que l’on découvre, comme ses congénères, être « cablé » par des tuyaux qui le relient au réseau des machines, le Français de l’après seconde guerre mondiale, mange, respire, rêve, écoute, fait des projets, critique, etc, à partir des représentations, des produits, des principes, américains. Les élèves et les étudiant(e)s en Histoire apprennent que les Etats-Unis ont « proposé », imposé, aux pays d’Europe, un « plan Marshall », souvent résumé, réduit, à des « dons » et à des dons matériels (des machines agricoles). L’autre alliance passée entre les Etats-Unis et ces mêmes pays au sein de l’OTAN est souvent méconnue, relativisée, alors que, concrètement, il implique que des armées en Europe sont placées sous la tutelle de celles des Etats-Unis. Plan Marshall, OTAN : des sujétions massives. Mais on le sait aussi, tout en le relativisant également : le fameux « soft-power » américain, avec, le cinéma, la télévision, et, ce qui est souvent oublié, la musique, a également fait l’objet d’accords, politico-économiques, à propos duquel, en France, il y eut, tardivement, une réaction, dans les années 80, dès lors que des quota de productions françaises ont été imposées pour et les sauver et limiter, en apparence, la présence de ces produits américains, audiovisuels. En apparence, parce que, au-delà des limites fixées, ces produits ont fait une razzia sur le temps d’antenne. Si, en Italie, les responsables politiques ont fait le choix, avec Berlusconi, d’une télévision entièrement appropriée par ces produits américains, les limites imposées en France n’ont pas empêché ceux-ci d’être massivement achetés et projetés. Avec l’arrivée de MacDonald en France, une alimentation pourtant absolument contraire aux traditions et principes du goût en France, une étape était franchie, et elle est toujours à l’oeuvre, puisque, malgré quelques couacs et échecs, cette entreprise, si hostile aux syndicats et à des salaires hauts, est présente sur la quasi totalité du territoire en France. Cette « américanisation » a non seulement été « accompagnée » par les politiciens professionnels, mais soutenue, et ce en raison de liens entre les partis français et américains (la droite avec le Parti Républicain, le PS et le centre avec le Parti Démocrate), mais elle a eu aussi pour conséquence de préparer une nouvelle génération de politiciens, qui sont des copies de ce qui existe outre atlantique – à commencer par « Sarko l’américain ». Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, French live, like members of a 51st state. Dans le même temps que les Anglais sortaient de l’UE, la promotion de l’anglais en France a augmenté, parce que des cadres de l’Etat ont décidé d’en faire la seconde langue en France, voire la première. Nombre de documents, de réunions de cadres publics et privés, sont désormais énoncés en anglais. Le droit du travail, de tradition romaine, fait également l’objet d’un basculement vers des principes nord-américains. La culture « de loisir » des jeunes et même au-delà d’eux, se fait désormais avec des chaînes-tubes américaines, les Netflix, Prime Vidéo, Disney+. Quant à la musique qui est diffusée en France sur les radios, la majorité des morceaux relèvent de la culture anglo-saxonne. A cette situation, certains diront que c’est « ainsi », parce que c’est ce qu’il y a de mieux. Le dire est une chose, le démontrer en est une autre. Bien des musiques non anglo-saxonnes sont, à l’évidence, talentueuses, agréables, sensées. Mais les oreilles françaises ont été dressées à reconnaître la langue anglaise et à être gênées par d’autres langues, dont les sonorités divergent. Les films américains produits à Hollywood souffrent d’une grande superficialité, mais, dopés aux « super-héros », ils continuent d’être les plus regardés, par réflexe pavlovien. Cette « américanisation » va t-elle faire l’objet de débats pendant cette campagne présidentielle qui débute en France ? A priori, on peut en douter, mais il faut l’espérer. Parce qu’il s’agit d’une colonisation, par consentement. « Indépendance D » aura aussi pour objet de parler de ce vaste monde, de ces peuples, dont les médias français parlent si peu, voire pas du tout. Une énième daube américaine n’aura, ici, aucune publicité, alors que nous parlerons de films, russes, iraniens, pakistanais, japonais, brésiliens, etc etc.

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