Ecrire sur, parler de – quoi ? Et par qui ? – Partie V

Des médias, de « l’information », les « journalistes » sont les professionnels attitrés. De leurs droits ET devoirs, comme nous en avons parlé à plusieurs reprises dans les quatre premières parties, chacun, chacune, peut savoir que tel ou telle, journaliste, en respecte scrupuleusement les principes, et, grâce à ce respect, produit, propose, des informations à haute valeur ajoutée ET « d’intérêt général », national – national, puisque, prenons l’exemple des publications de Médiapart concernant Liliane Bettencourt pour l’Oréal, celles-ci ont légitimement intéressé les Français, mais peu au-delà, alors que le groupe l’Oréal est un groupe international. Médiapart est un média de langue francophone, dont les lecteurs anglophones ou d’une autre langue n’ont pas pu avoir accès à ces articles, et si l’on prend d’autres exemples, chaque peuple a ses sujets propres, qui n’intéressent pas au-delà des frontières. Et puis à l’inverse, il y a des personnes qui détiennent une carte de presse, alors qu’elles ne font rien, si ce n’est pire, quand elles font surtout de la désinformation, partielle ou totale. Le titre professionnel de « journaliste » n’apporte donc aucune garantie à priori. Il y a, à priori, des principes et des objectifs, mais les seules garanties adviennent par le travail même des journalistes, comme c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Or le journalisme est avant tout un champ d’activités et de médias qui, au coeur, est structuré par le récit. Il s’agit de conter, et il y a notamment les contes des comptes – les récits économiques sont au coeur du propos médiatique moderne. Si la rigueur méthodologique journalistique constitue un cadre heuristique, ce cadre ne sert à rien s’il n’est pas alimenté par des informations à haute valeur ajoutée. Inversement, si ce cadre est absent, mais que des informations à haute valeur ajoutée sont publiées, elles ne sont pas mises en valeur, parce qu’il faut souvent les consolider, les approfondir, les compléter. Il faut donc associer le journalisme avec ce qu’il n’est pas, et c’est un sens ce que propose le média AOC – en y associant des universitaires, des chercheurs, des auteurs. Le propos de « Indépendance D » n’est pas de réclamer, à priori, des candidat(e)s à un travail ponctuel ou régulier d’exhiber une carte de presse – ni de rejeter à priori une telle carte. Mais des personnes différentes les unes des autres sont tout à fait capables de faire un travail d’information, et ce même si ce n’est pas de la même façon, dès lors que les principes que nous allons énoncer sur la charte des droits et devoirs des contributeurs de « Indépendance D », seront fixés prochainement, et soumis ici à évaluation, discussion. Concernant les sujets et les angles sur ces sujets, François Bonnet, co-fondateur de Médiapart, et membre du Conseil de Surveillance du Fonds de la Presse Libre, qui a la tutelle sur Médiapart, le dit justement dans cet entretien avec d’autres journalistes, consacré précisément à cette problématique centrale de « l’indépendance » : il n’y a aucun intérêt à s’imiter, à se répéter les uns les autres. Et c’est ce que nous proposons à travers nos catégories, que vous trouvez dans le menu du site. Lesquelles feront l’objet d’une nouvelle note.

Qui peut écrire pour ? Comme cela est indiqué à plusieurs reprises : dans un premier temps, dont la durée est nécessairement indéterminée, toutes les activités par lesquelles le site va être élaboré, modifié, sont et seront bénévoles. Cette durée doit servir à plusieurs objectifs : tester l’accueil de la démarche; voir qui s’y implique, comment, et pour quels résultats; avoir des échanges avec les contributeurs et les lecteurs pour concevoir l’éventuel devenir en média professionnel de « Indépendance D »; faire des choix en cours et sur les principales étapes de ce devenir, si cela est possible. Ecrire pour « Indépendance D » est donc ouvert à celles et ceux qui aiment écrire et qui entendent respecter des principes déontologiques journalistiques et civiques. Il va de soi que s’il y a devenir professionnel de, les contributeurs réguliers qui auront donné de leur temps dans cette première phase seront les premiers à bénéficier des rémunérations, en fonction des formes décidées à l’étape de constitution de ce média en média professionnel. Pour écrire, toute personne peut le faire en son nom ou par un pseudo, en fonction du sujet. Il va de soi que faire un tel média engage donc sur les devoirs dont la charte déjà évoquée parle explicitement, à savoir :

  • Ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents ;
  • S’obliger à respecter la vie privée des personnes ;
  • Rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte ;
  • Garder le secret professionnel et ne pas divulguer la source des informations obtenues confidentiellement ;
  • S’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondement ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information ;
  • Ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ; n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs ;

En cas de « scoop », ou de « sujet difficile », il va aussi de soi que la parution pourra être retardée, en raison des vérifications nécessaires à opérer, en raison des risques juridiques à étudier.

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