Election présidentielle en France : 12 candidats pour une continuité droite/gauche, avec la radicalisation de tous

Election présidentielle en France : 12 candidats pour une continuité droite/gauche, avec la radicalisation de tous

Nous publions aujourd’hui notre premier texte sur ce processus politique. Dans le mois qui vient, nous allons, évidemment, publier de très nombreux articles sur cette élection, sur les candidats, les programmes, les principes et les conséquences, les législatives à venir, etc.

Le 10 avril prochain, les Français qui en ont le droit (il y a des privés de), seront appelés à voter pour choisir un des 12 candidats que le système constitutionnel français a fini par reconnaître, dès lors qu’ils ont acquis le soutien de 500 « parrainages » d’élus (cf les règles). De la France, on entend souvent dire que, ce pays EST une démocratie. Mais pour être un(e) candidat(e) à l’élection présidentielle, les élus constituent un système de filtrage des candidatures qui n’est pas démocratique, ni pertinent. En effet, tant qu’à « filtrer » des candidatures, on pourrait concevoir un système qui permette de contrôler l’état mental de tel ou tel des candidat(e)s, et il y aurait sans doute dans ce cas des recalés parmi celles et ceux qui sont aujourd’hui reçus. On entend souvent dire que la gauche et la droite, « c’est dépassé », « cela n’existe plus », mais si l’on regarde la composition de ce groupe des 12 candidats, leur profil, leurs affiliations sociales réelles, leurs pratiques, bien plus importantes que leurs affirmations, sincères ou démagogiques, il faut constater une continuité entre les diverses compositions des assemblées nationales françaises de ces 230 dernières années, avec l’intégration, exceptionnelle, de ce qui est appelé l’extrême gauche, et que nous pourrions qualifier de porte-parole du parti des sans-culottes, alors que, avec le système représentatif en place, ceux-ci ne sont pas présents dans les assemblées.
En effet, on retrouve les représentants de l’aristocratie catholique, des monarchistes « ultra », lesquels s sont trouvés un champion avec Eric Zemmour, mais ont aussi pour autres candidats, Valérie Pécresse, Marine Le Pen, et Emmanuel Macron; les représentants de la grande bourgeoisie et de la bourgeoisie en général, les « Girondins », avec Emmanuel Macron, Valérie Pécresse, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Anne Hidalgo; les représentants de la petite bourgeoisie, avec Jean Lassalle; les représentants « montagnards », avec Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel; les représentants du « Marais », avec Anne Hidalgo, Yannick Jadot; et les représentants des sans-culottes, avec Philippe Poutou et Nathalie Arthaud. Le fait que l’aristocratie catholique, les monarchistes ultra, et une partie de la grande bourgeoisie, aient, ensemble, un candidat spécifique, n’est pas nouveau. Ce qui est original, c’est que, en raison de ce qui fut longtemps leur antisémitisme originel, ce candidat soit un Juif français (comme il se présente lui-même), ou un Français juif. Et, alors qu’ils sont tout autant exclus du système qu’ils s’en excluent eux-mêmes par l’absence de parti officiel des sans-culottes, deux représentants de ceux-ci permettent à une partie de ceux-ci (qu’ils soient appelés « Gilets Jaunes » ou « racisés » dans les quartiers populaires ou encore ouvriers, lesquels n’ont pas disparu contrairement à ce que raconte une doxa officielle), d’avoir des porte-parole, dont les interventions sont souvent appréciés. Au coeur de ce système, nous trouvons donc les « Girondins », les vrais vainqueurs de la courte période dite révolutionnaire entre 1789 et 1795. Leur champion est, incontestablement, l’actuel président de la République. Loin d’avoir été terminée par la fin de Robespierre en 1794, l’affrontement « Girondins-Montagnards » a perduré et se manifeste aujourd’hui. Et bien plus qu’à Jaurès, certains n’hésitent pas à comparer Jean-Luc Mélenchon à Robespierre, que la comparaison soit flatteuse ou d’accusation. La gravité des situations, nationales et internationales, induit une « radicalisation » de tous, et ce dans tous les sens du terme : retour aux principes, et affirmation d’une volonté d’être agressif. Jean-Luc Mélenchon est souvent accusé d’être « clivant » et « agressif », parce qu’il s’exprime sincèrement, mais les candidats des ultra sont eux aussi clivants et agressifs, et même bien plus.

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