Etat profond US versus Russie/Chine : pourrons-nous et voudrons-nous de les empêcher de déclencher une véritable guerre mondiale, qui ferait disparaître l’espèce humaine ?

Etat profond US versus Russie/Chine : pourrons-nous et voudrons-nous de les empêcher de déclencher une véritable guerre mondiale, qui ferait disparaître l’espèce humaine ?

Entre 1989 et 1991/93, les dirigeants politiques et technocratiques américains ont vécu un rêve : la seconde puissance mondiale, au moins sur le plan militaire, l’URSS, s’est décomposée, sous les coups de butoir de quelques nationalismes, sis dans certaines Républiques qui composaient avec d’autres cette « Union », et par la démission d’une partie décisive de l’élite politique, « communiste » qui se trouvait à la tête de cette Union, et des partis communistes de ces Républiques. A l’instar de quelques périodes décisives de l’Histoire humaine, les faits sont bien connus et méconnus, notamment parce qu’il reste des zones d’ombre sur les influences et les actions qui se sont produites dans les coulisses de ces événements, sans que les médias de l’époque et depuis n’en parlent, soit, par ignorance de ces faits, soit par un silence, volontaire ou imposé. Une des questions que nombre de citoyens et d’observateurs de ces faits, inattendus et impressionnants, se sont posées, est : quel rôle les Etats-Unis ont joué dans cette affaire ? Laquelle leur a permis de faire disparaître une puissance contre laquelle ils menaient une guerre « froide » planétaire, une partie d’échecs qui mobilisaient les pions et les pièces, leurs alliés respectifs. Les archives étatiques concernant ces faits ne sont pas disponibles, dans la plupart des pays concernés. Nous sommes donc réduits à des supputations, et celles-ci doivent être aussi rares que possible. Ce qui échappe aux supputations, ce sont les actes, publics, officiels. En lieu et place de l’URSS, il y a donc eu des nouveaux régimes qui sont apparus : la nature politique des communautés humaines a horreur du vide. La nouvelle Russie est devenue l’Etat le plus important, qui a pris la succession de cette URSS. Les dirigeants russes, avec Eltsine, comme ceux de la plupart des ex Républiques soviétiques, ont imposé une rapide, quasi totale, conversion de l’économie, « socialiste », par la transformation d’entreprises d’Etat en entreprises à capitaux privés, mais aussi et surtout par la fermeture d’un très grand nombre d’entreprises. Des capitaux étrangers se sont immédiatement projetés vers cette Russie, dont les richesses matérielles sont parmi les plus importantes au monde; mais aussi vers les compétences des travailleurs, ingénieurs, techniciens, savants, russes, parmi les meilleurs du monde dans certains secteurs. La conversion a permis à des nouveaux riches, dont les « oligarques », de constituer des fortunes, dont le niveau est devenu concurrentiel avec les plus riches capitalistes des autres pays du monde, et avec ces avoirs financiers, les nouveaux riches russes se sont fait des noms et des places dans les ghettos du Gotha, à Monaco, Nice, en Suisse, à Miami, etc. Pour les mafieux russes, la fin de l’URSS est aussi devenu un temps paradisiaque, grâce au système financier capitaliste dans lequel ils ont pu se fondre, grâce aux divers moyens de blanchiment d’argent. A l’inverse, dans le même temps, la population russe a subi une décennie catastrophique, avec une baisse importante de sa démographie, et ce en raison d’une hausse impressionnante de la mortalité, due à la paupérisation généralisée, l’absence de soins, les comportements addictifs (alcools, drogues), les suicides. Les Russes se souviennent de ces années 90 avec effroi. Avec Eltsine, les Occidentaux ont eu un « partenaire idéal », puisque jamais un dirigeant soviétique n’aurait accepté une seule de ces exigences occidentales que Eltsine a, lui, toutes accepté. Pendant ces dix ans, les Occidentaux s’en sont donnés à coeur joie pour humilier les Russes, que ce soit au sein même de la Russie par l’occidentalisation du pays (avec l’installation d’entreprises américaines phares, comme MacDonald), ou à l’extérieur, par des décisions américaines/européennes unilatérales, contre lesquelles la nouvelle Russie était totalement impuissante. Par exemple, la première guerre contre l’Irak, dite « guerre du Golfe », n’aurait jamais eu lieu si l’URSS avait été présente, puisqu’elle aurait certainement assuré la protection de l’Irak. Quand Eltsine a passé la main à un homme du sérail, Vladimir Poutine, les « chancelleries » occidentales n’ont pas spécialement ressenti une crainte : bien que formé par le redouté et vilipendé KGB (il fut en poste en RDA dans les années 80), le nouvel homme fort du Kremlin ne semblait pas avoir de particulières dispositions contre les Occidentaux, bien au contraire. Et depuis plus de 20 ans, Vladimir Poutine a passé son temps à vouloir composer avec ses « amis occidentaux ». La comparaison de Médiapart entre Poutine et Staline est d’inspiration russophobe, mais elle n’est pas sérieuse, crédible. Outre que Poutine a soutenu et soutient encore une Russie capitaliste, nationaliste, pratiquante (avec la promotion de la foi orthodoxe), que, en dehors de la Russie, Poutine a fait en sorte que des capitaux soient mis au service de plusieurs partis et figures d’extrême-droite, Poutine a également soutenu, au sein de la Russie, divers mouvements et figures de la dénonciation du « stalinisme » et des « crimes du stalinisme », jusqu’à ce qu’il finisse par percevoir ces mouvements et figures comme des chevaux de Troie destinés à finir de démoraliser la population russe, en la conduisant à avoir honte de la « grande guerre patriotique », la victoire lors de la Seconde Guerre Mondiale. Parvenu à ce stade, Poutine a fait stopper ce soutien à ce travail, lequel était et est sponsorisé par les Etats-Unis et l’Union Européenne, par l’argument d’une équivalence des régimes, nazi et stalinien. Ce que les Soviétiques ont fait contre le nazisme a fait l’objet de tant d’insultes et de diffamations, de la part des Occidentaux, que les Russes, même ceux qui étaient, sont, plutôt favorables à des critiques envers l’URSS, ont fini par en éprouver des malaises, voire du dégoût. Ces attaques contre la mémoire et l’honneur, russe, via les images, les symboles, les actions de l’URSS, sont le symbole de cette « hubris » occidentale qui, contre la Russie et les Russes, ne s’est imposée aucune limite. Les plans et les actions de l’OTAN en ont été un symbole de plus. Bien qu’il ait été démontré que les Occidentaux ont bien donné aux nouveaux dirigeants russes de l’ère pré-post soviétique, des garanties quant à ce que l’OTAN ne s’approcherait pas des frontières de la Russie, ces engagements ont été « oubliés » par les Occidentaux (au point même de les nier), et la Russie a vu des armes et des armées se rapprocher toujours plus de ces frontières. Or, si les structures politiques et technocratiques soviétiques ont été pour la plupart démantelées, l’Etat américain, lui, n’en a rien fait pour les siennes, et, avec les évènements des années suivantes, la 1ère guerre du Golfe, la guerre en ex Yougoslavie, le 11 septembre 2001, la guerre en Irak, etc, ces structures de l’Etat profond américain n’ont cessé d’être renforcées, quantitativement et qualitativement. Les présidents américains sont devenus de simples signataires de documents, de plans, élaborés et validés par « l’Etat profond » américain. La meilleure preuve de cette sujétion des présidents des Etats-Unis à cet Etat dans l’Etat, aura été le rejet de la volonté de Donald Trump de se rapprocher avec la Russie, ce qu’il avait affirmé vouloir opérer pendant sa campagne électorale de 2016 et après sa victoire. L’Etat profond lui a fait savoir qu’il en était hors de question, et c’est Trump qui a cédé et pas cet Etat profond. Depuis, le bellicisme de cet Etat profond a conduit à créer des tensions avec, l’Iran, le Venezuela, Cuba, la Corée du Nord, la Chine, l’Irak, la Syrie, et, évidemment, la Russie. Pourquoi de telles tensions ? Parce que cet Etat profond pense le monde dans un rapport nous/eux nécessairement conflictuel. Le financement des armes et des armées dont il bénéficie doit se justifier par de telles tensions, et même, si nécessaire, par de nouvelles guerres. La « logique » donc de cet Etat profond est d’en venir à un conflit mondial, alors même que les armes nucléaires font de ce possible conflit une menace inédite et définitive sur l’espèce humaine. Si des Soviétiques ont contribué à l’affaiblissement puis à la dislocation de l’URSS, vue également comme une trop grande puissance dont le sens était nécessairement en conflit avec le reste du monde (communisme versus capitalisme), est-ce que nous pouvons penser que des Américains qui se trouvent au coeur même de cet Etat profond seraient en situation de pouvoir en faire de même, si tant est qu’il y en ait pour vouloir faire de même ? Or, sans cela, les risques d’une guerre mondiale qui stopperait la vie et l’Histoire de l’espèce humaine sur cette planète ne cessent d’augmenter. Et l’actuel président américain paraît bien incapable de s’opposer à des va-t’en-guerre fous d’Apocalypse, à la différence de ce que JFK sut faire. N’est-il pas temps d’énoncer un appel au secours, « mayday », « mayday », en direction des étoiles et de l’Inconnu ?

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