Legislatives 2022 : vers une toute nouvelle Assemblée Nationale ?

Legislatives 2022 : vers une toute nouvelle Assemblée Nationale ?

Dans quelques semaines, les électrices et électeurs qui peuvent (1) et veulent voter vont être appelés à voter, sauf exception, deux fois, afin de choisir, pour 577 circonscriptions, l’élu(e) à l’Assemblée Nationale. Les règles de ces élections, comme pour l’élection présidentielle, déterminées par la Constitution de la 5ème République, fondée par des « conservateurs », ne sont pas révolutionnaires, ni progressistes. En moyenne, un(e) élu(e) représente 112.651 personnes, ce qui est, factuellement, gigantesque. Mais en outre, ces représentant(e)s le sont sans rapport de proportion avec la sociologie des populations en France. Et cette Constitution n’en a cure. Il faut donc faire avec cette Constitution, ses impasses, ses limites, ses problèmes. Sur les réseaux sociaux, les échanges au sujet de la perspective de ces élections législatives ont permis de révéler que nombre de citoyens en France ne connaissent ni la lettre ni « l’esprit » de cette Constitution. Par exemple, pour certains, et notamment pour des personnes engagées au soutien de la majorité LREM actuelle, la majorité législative devrait être nécessairement favorable au Président, réélu. Mais si l’inversion du calendrier des élections, sous le quinquennat de Jacques Chirac, avec l’approbation de Lionel Jospin, est fondée sur cette « logique », la Constitution ne prévoit pas qu’il y ait un rapport nécessaire entre l’identité politique du Président, et celle du gouvernement. Et, factuellement, c’est ce qui a rendu possible trois cohabitations, deux pour François Mitterrand, avec Jacques Chirac et Edouard Balladur, une pour Jacques Chirac avec Lionel Jospin. En 2017, à peine élu, Emmanuel Macron obtenait aisément une majorité, du centre droit (PS et sphère Bayrou) jusqu’à la droite « Les Républicains », avec une traduction gouvernementale, par la présence de « transfuges » à la tête de nombre de ministères. Mais cette année, les élections législatives s’annoncent difficile pour les candidats du Président. La réélection d’Emmanuel Macron s’est faite par défaut : entre 40 à 50 pour cent de celles et ceux qui ont voté pour lui au second tour disent l’avoir fait contre Marine Le Pen. Le président est, incontestablement, impopulaire, à la fois par sa personnalité, marquée par son haut niveau de certitudes, des phrases blessantes, humiliantes, régulières, mais surtout par sa politique générale, notamment sa politique économique, clairement entre la droite et l’extrême-droite (comme pour tout le reste). Le rapport entre les paroles et les actes lui est très défavorable : la « grande cause du quinquennat », avec l’égalité hommes-femmes, et surtout l’objectif de faire baisser drastiquement les violences, masculinistes, sexistes, contre les femmes, n’a pas été atteint, faute de moyens suffisants et d’innovations de principes et méthodologiques; la lutte contre les dégradations de l’environnement élémentaire a été, pour les spécialistes et les engagés, ou inexistante, ou infinitésimale ou même contraire à; les travailleurs ont perdu des droits et des revenus pendant que les actionnaires engrangeaient des dividendes jamais vus; les violences de la part de représentants de l’Etat sur et contre des citoyens augmentaient significativement, avec des blessés graves et des morts.

Mais ces jours-ci, Emmanuel Macron prépare la désignation d’un nouveau gouvernement, afin d’essayer d’apparaître « changé », un nouvel Emmanuel Macron et une nouvelle politique. C’est que, selon le principe machiavélien et cynique, chiraquien, les promesses n’engagent que celles et ceux qui les reçoivent – et les prennent pour « argent comptant ». Le nouveau gouvernement va devoir laisser penser que…, quitte à ce que, après les élections législatives, si elles lui souriaient, la désignation d’un nouveau gouvernement vienne tout rectifier, pour revenir dans les clous du quinquennat finissant. Mais en face de lui, il y a : ce qui reste de « Les Républicains » (mais jusqu’à quand, tant les orientations des uns et des autres sont contraires), la France Insoumise, devenue « Union Populaire », qui, actuellement, semble aller (mais rien n’est confirmé à ce jour) vers un élargissement de sa composition politique, par l’association avec d’autres partis et forces politiques, et l’extrême-droite, avec le Rassemblement National et le parti d’Eric Zemmour qui semblent partir vers ces élections par des candidats spécifiques. Etant donné le caractère non fiable de la plupart des sondages dont nous restons submergés, nous n’y faisons pas référence, ni aujourd’hui, ni demain, d’autant que, lectrices, lecteurs, de notre média, vous n’avez pas besoin de nous pour répéter ici ce que vous recevez, via des médias ou les réseaux sociaux. La campagne a déjà commencé, mais elle n’est pas encore à plein régime. Il faut donc attendre quelques jours pour apprécier ce que vont être les forces engagées et pour évaluer leurs stratégies. L’homme de l’Elysée (se) souhaite une nouvelle majorité, mais y parvenir va être difficile. Le premier gouvernement qui va être annoncé incessamment sous peu va expliciter comment il va tenter de parvenir à ce résultat. La seule force politique qui semble capable de l’empêcher à y parvenir est celle qui va dominer à gauche. En effet, l’extrême-droite est divisée, et elle a des difficultés structurelles, constantes, avec ces élections qui dépendent des candidat(e)s qu’elle met en avant, et qui sont souvent moins crédibles que ne parvient à l’être leur candidat(e) à l’élection présidentielle.

(1) : le système actuel exclut nombre de personnes : les personnes qui ont été privées de certains de leurs droits civiques, en raison d’une condamnation; les personnes non inscrites et qui ne le savent pas; les personnes non inscrites, qui le savent, et ne réussissent pas à s’inscrire; les étrangers européens et non européens; les travailleurs sans papiers.

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