Les armes, l’un des commerces les plus prospères dans les échanges mondiaux (première partie)

Les armes, l’un des commerces les plus prospères dans les échanges mondiaux (première partie)

Le moyen de neutraliser, ou de tuer, un être humain, des êtres humains, bénéficie de dépenses de plus de 400 milliards par an, soit près de 11000 euros par seconde, et ce dans le cadre d’un commerce international libre. Les entreprises qui dominent ce marché sont, américaines, chinoises, européennes. En France, la définition juridique des armes (article R311-1 du code de la sécurité intérieure) considère que tout objet ou dispositif est une arme dès lors qu’il est « (…) conçu ou destiné par nature à tuer, blesser, frapper, neutraliser ou à provoquer une incapacité« , ce qui comprend les couteaux, quels qu’ils soient, puisqu’ils peuvent être des armes par destination (non prévus à cet effet, mais néanmoins efficaces dans une telle intentionnalité). Or, alors que les conflits militaires ont, sur l’ensemble des continents, diminué, les ventes d’armes ont, elles, augmenté, et, avec la guerre en Ukraine, ce commerce continue d’être prospère. Pour qui et pour quoi ? Pour considérer qu’il faut être armé, il faut avoir une perception particulière de son environnement, dans lequel au moins une menace existe, et souvent, plusieurs. Avoir une arme permet de menacer une autre personne, et d’avoir le dessus sur elle : elle constitue donc un moyen de défense, pour la personne qui n’est pas agressive mais qui peut être agressée, mais elle est en même un moyen d’attaque, utilisée par un agresseur pour exercer une pression, voire pour tuer une personne. De ce point de vue, le discours « sécuritaire » des armes repose sur un sophisme, puisque, dès lors qu’il est légal d’avoir une arme, qui peut blesser ou tuer, il va de soi que d’autres personnes peuvent utiliser ce même droit, pour, en se procurant une arme, ou plusieurs, être en situation de menacer ou d’attaquer. La vie aux Etats-Unis en est une démonstration, quotidienne : loin d’être protégés par le fait de disposer d’une arme, la plupart des personnes agressées le sont avec une arme ou plusieurs, et ne peuvent, si elles en possèdent une, s’en servir. C’est donc bien le fait que tant d’armes circulent qui favorise ces dangers et ces agressions. Or, la logique américaine a été étendue dans le monde. Le monde est rempli de menaces, il faut donc s’en protéger. On peut considérer que la géopolitique américaine est fondée sur le soutien à des conflits, ou leur genèse, afin de justifier de ces achats. De ce point de vue, le lobby militaro-industriel américain ne profite pas seulement des conflits, des drames et des peurs : il contribue à les créer, à les alimenter, via la politique internationale du Département d’Etat. Les pays alliés des Etats-Unis ou les pays qui les admirent et imitent suivent cette « logique ». Elle conduit à ce que le monde soit habité par des êtres humains, armés, surarmés, parmi lesquels certains finissent par les utiliser, par jeu, vice ou calcul. Les États-Unis sont le premier exportateur d’armes et de publicité, gratuite, pour les armes, avec les films, les séries.

En moyenne, par an, 500 000 personnes sont tuées par arme à feu. Aux Etats-Unis, la moyenne par jour des victimes de ces armes est de 100, soit 3000 par mois, soit 36000 par an.

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