Les intérêts de l’indépendance : les sujets internationaux, comme l’Irak, l’Ukraine, la Russie… et tant d’autres – Partie IV

Les intérêts de l’indépendance : les sujets internationaux, comme l’Irak, l’Ukraine, la Russie… et tant d’autres – Partie IV

Le 20 mars 2003, l’Irak subissait les premiers bombardements américains. La suite est « connue ». Mais les bombardements contre l’Irak n’ont pas commencé à cette date. Ils ont commencé plusieurs mois auparavant, lorsque les représentants américains ont commencé à accuser l’Etat irakien de ceci ou de cela (ADM, alliance avec Al-Qaeda). La suite est aussi « connue » – peu ou prou, mais mal connue en fait. Les accusations américaines étaient formulées par des personnes qui savaient que, quand elles les énonçaient, elles mentaient. Un Colin Powell a, face à l’ensemble des représentants des peuples de la Terre, menti, en accusant l’Etat irakien de disposer d’une arme bactériologique, l’anthrax, en montrant un flacon qui était censé contenir ce poison mortel, de fabrication irakienne. Et tout était faux. Mais la guerre que les Etats-Unis a été une vraie guerre : un pays a été détruit dans ses plus grandes largeurs, des centaines de milliers, d’enfants, de femmes et d’hommes, civils et militaires, ont perdu la vie, le pays est devenu le creuset d’un fanatisme, Daesh, dont la racine, la colère face à cette invasion américaine et son cortège macabre (y compris de soldats américains, tués pendant la guerre, après, ou revenus d’Irak avec des traumatismes désormais identifiés par la notion de « stress post-traumatiques ») est parfaitement légitime, compréhensible. A celles et ceux qui ne comprennent pas qu’il soit possible de comprendre, il faut donc dire : mettez-vous dans la peau d’un Irakien, et assistez à la destruction de votre pays, et, après, vous nous direz… Evidemment, celles et ceux qui n’aiment tant que les confusions et les dénoncer, y compris quand elles n’existent pas, veulent voir dans le fait de comprendre que des Irakiens aient pu développer une telle colère le fait d’approuver et de soutenir leurs propres actions armées. Et comme ceux qui ont pratiqué de telles actions l’ont fait en commettant eux aussi des crimes, le fait de ce qu’ils appellent « comprendre-légitimer » (comme un certain ex premier ministre français a pu en exprimer le sophisme), revient donc à soutenir, voilà des gens qui comprennent qui se trouvent accuser de comprendre-soutenir des actions criminelles. Il faut dire que ceux et celles qui portent de telles accusations (et qui sont souvent les mêmes qui ont soutenu l’intention américaine de faire cette guerre, sans la moindre hésitation), s’autorisent, EUX, à soutenir des projets militaires criminels – mais frappés de la bannière étoilée. Il y aurait donc des meurtres de civils, légitimes, ou compréhensibles, et des meurtres de civils, illégitimes, incompréhensibles. A la différence de ces « droits de l’homme » à géométrie variable, il faut dire que les meurtres de civils par des hommes armés sont, quels que soient ces hommes armés, illégitimes, injustifiés, criminels. Et c’est aussi pour cela qu’il faut se garder de ne pas être, là aussi, indépendant, des Etats, des puissances internationales, puisque cela conduit à ne plus « respecter la vérité ». Quand les Etats-Unis ont proclamé que l’Irak disposait d’armes de dissuasion massive (ADM), quand un Colin Powell exhibait cette fiole, en effet, empoisonnée par ses mensonges, il aurait fallu que les médias du monde et notamment américains exigent de pouvoir faire passer des tests à ce produit, sous leur contrôle, par des scientifiques et techniciens indépendants. Au lieu de quoi des médias sont allés proclamer : l’Irak de Saddam Hussein A des stocks d’ADM, dont des armes bactériologiques. Ceux qui ont menti et trompé tant d’êtres humains sur cette planète, qu’ils aient été aux plus hautes responsabilités de l’Etat fédéral américain, ou qu’ils aient été des « journalistes », aucun n’a eu à rendre des comptes, aucun n’a été viré, aucun n’a été sanctionné. Il est difficile de faire pire. Et aujourd’hui, un homme qui a permis de révéler l’ampleur des pratiques étatiques américaines au niveau international, et notamment l’ampleur des mensonges, croupit dans une prison londonienne. L’asile politique a été, récemment, rejetée par une majorité de votants à l’Assemblée Nationale en France. L’Union Européenne fait silence. Le gouvernement anglais laisse faire – et soutient, on le sait, la demande américaine d’extradition.

Ces jours-ci, nous assistons à la répétition de cette double tragédie : la première se situe dans le risque d’une guerre entre les plus grandes puissances militaires dans le monde, la seconde dans des publications, des affirmations exprimées par des « journalistes » qui contreviennent aux « droits ET devoirs de ceux-ci ». En effet, nous entendons dire que la Russie préparerait une invasion de l’Ukraine au motif que des troupes sont mobilisées, à proximité de la frontière russo-ukrainienne. Mais ce récit est d’une incroyable malhonnêteté et le dire, c’est le dire en toute indépendance à l’égard de toutes les parties, dont de la Russie elle-même. Les autorités russes assistent depuis des mois à une militarisation accrue de l’Ukraine : il suffit de consulter les publications en ligne des « grands médias » pour trouver ces informations. En outre, des dirigeants de certains pays « occidentaux » ont fait savoir qu’ils souhaitaient que l’Etat ukrainien rejoigne les actuels pays membres de l’OTAN. Il faut traduire ce que cela signifie pour les Russes : concrètement, cela reviendrait à faire de l’ensemble du territoire ukrainien un territoire de présence de soldats et d’armes de l’OTAN, dont, potentiellement, des armes nucléaires. On sait à quel point, sur ce même sujet, les Américains continuent d’imposer à Cuba des sanctions, suite à la fameuse « crise des missiles » (et ce bien que plus de 90% des Etats dans le monde votent chaque année la levée de ces sanctions). Ce que les Etats-Unis ont donc refusé d’une manière radicale et sévère, ils voudraient se l’autoriser officiellement (officieusement, on sait qu’ils promènent de telles armes, soit dans des sous-marins, soit dans des avions). On peut donc constater que face à l’augmentation régulière et « qualitative » de la présence d’armes et de soldats près de leurs frontières, les Russes sont calmes – il suffit d’appliquer une situation identique au territoire américain pour imaginer l’hystérie dans ce pays. Mais les relations internationales sont faites, doivent être faites, de réciprocités – d’égalités. Actuellement, les pays en cause dans cette situation, dont, au premier chef, Etats-Unis et Russie, nous mettent tous, toutes, en danger. Un domino nucléaire n’est pas impossible. Et ce serait la fin de l’Humanité telle que nous la connaissons. Sans géocroiseur surgi de l’espace. Pas besoin de #DontLookUp. Pour traiter des sujets internationaux, il faut donc, là encore, partir des faits, et non partir des discours des uns et des autres. Ce n’est pas compliqué d’être sérieux, honnête. On est bien obligé de constater que cela dépasse certains.

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