L’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale vue depuis la Russie ou l’ex URSS, quels principes et quelles perspectives ? (troisième partie)

L’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale vue depuis la Russie ou l’ex URSS, quels principes et quelles perspectives ? (troisième partie)

Nous l’avons donc rappelé : contre elle, l’URSS de 1941 a vu déferler la plus grande armée, numérique et mécanique de l’Histoire. Le bélier est d’une telle puissance que les armées soviétiques furent nécessairement enfoncées. Celles-ci ont été contraintes de reculer, ce qu’elles ont fait en ordre, ou non. Les chefs militaires allemands, supervisés par Hitler, divisent leurs forces, par trois orientations, vers le nord, le centre et le sud. Ils espéraient, et plus encore leur « führer », que cette nouvelle attaque en « blitzkrieg » permettrait d’avoir une victoire rapide et totale, au cours de l’été 41 ou au plus tard, à l’automne 41. Des constats faits par des généraux allemands engagés près du front, sur du matériel soviétique, sur des soldats, les conduisent à conclure que cet espoir doit être abandonné. Hitler enrage contre le défaut d’informations de ses espions, qui ne l’ont pas assez mis en garde contre les moyens militaires soviétiques. Dès l’été 1941, l’état-major allemand, comme Hitler, doute de la victoire finale. Aussi, pour tenter de rattraper une préparation insuffisante, biaisée, ils mettent en esclavage toute l’Europe occupée afin de servir leur dessein. Les pays occupés doivent fournir toujours de financements, par des moyens divers, des hommes, pour la production et pour les armées, et des armes également. Le nombre de pays occupés est si important, les exigences de ces occupations le sont tellement également, notamment dans des pays où les résistances populaires sont importantes (Yougoslavie, Grèce), que la dispersion des forces allemandes est nécessaire, au moment où leurs chefs ont fait le choix d’attaquer un pays-continent, en voie accélérée d’industrialisation. Le symbole de la violence nazie (destruction des habitats, des êtres humains, de tout) comme celui de la résistance soviétique intervient à Stalingrad, bien que, dans le même temps, la résistance des habitants de Léningrad est impressionnante et aussi tragique. Mais si les armées soviétiques perdent des soldats dans des combats extrêmement violents, ce sont les civils qui sont massivement tués, soit en raison des bombardements, soit en raison de massacres, soit en raison de la faim et de la soif, provoqués par la rupture des approvisionnements. On le sait, mais que sait-on de ce que cela signifie concrètement ? Ce sont des millions de civils que ces agressions militaires nazies ont fait disparaître, dans des conditions souvent atroces – enfants compris. L’URSS y perd près de 10% de sa population initiale. Pourtant, quand les crimes de guerre nazis seront jugés à Nuremberg, y compris avec l’accusation de « crime contre l’Humanité » à propos de l’assassinat organisé de millions de Juifs européens, l’élimination tout aussi volontaire et, en nombre, supérieure à celle des Juifs européens, ne sera pas ni perçue ni présentée, comme telle. Et après la guerre, les Soviétiques, comme leurs défenseurs à travers le monde, n’ont pas insisté sur ces pertes, sur les crimes commis par les nazis, AVEC le soutien de nombreux pays européens, dont ceux qui s’étaient réjouis des accords de Munich, et qui, plus de 80 ans plus tard, invoquent le pacte germano-soviétique pour accuser l’URSS d’avoir été une alliée de l’Allemagne nazie, alors que tout le monde sait que ce pacte était parfaitement définie par son objet, un pacte de non-agression, provisoire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.