Mais qui est Emmanuel Macron ? Quel Président a t-il été ces 5 dernières années et que peut-on présumer de son prochain quinquennat, s’il est réélu ?

Mais qui est Emmanuel Macron ? Quel Président a t-il été ces 5 dernières années et que peut-on présumer de son prochain quinquennat, s’il est réélu ?

A une heure et 12 minutes et quelques secondes de la seconde partie de sa conférence de presse, partie dans laquelle il a répondu à des questions posées par des journalistes triés sur le volet, le président-candidat a énoncé un énième sentiment d’auto-satisfaction, par l’affirmation qu’il assume « sur ce sujet (le fait de se positionner à droite ET à gauche), pour toutes celles et ceux qui en convoquent les mânes et les lares, d’être assez gaulliste ». Mais De Gaulle a t-il jamais été à la tête de gouvernements de droite ET de gauche ? Avant et à la suite de la Libération, ce fut le cas lorsqu’il dirigea un gouvernement composé de gaullistes, de communistes et de quelques SFIO, liés au CNR. Mais ce gouvernement d’union nationale dura peu, puisque De Gaulle décida de quitter ce gouvernement. Quant il revint à la tête de la France en 1958, les gouvernements successifs jusqu’à son départ définitif en 1969 furent avant tout des gouvernements de droite, dans lesquels il était même possible de trouver des personnalités qui, elles, étaient plutôt liés à l’extrême-droite (Couve de Murville par exemple). Si la plupart des gouvernements de la 5ème République ont joué, hypocritement, « la carte de l’ouverture », avec des ralliés, opportunistes et solitaires, un gouvernement syncrétique et synthétique de droite ET de gauche n’a jamais existé, et ce pour des raisons évidentes. Mais si on y regarde de plus près, il y a bien eu un régime qui a associé des politiciens de droite et d’autres réputés être de gauche (bien que, par leur engagement dans un de ses gouvernements, ils trahissaient ainsi leur ex engagement de gauche) : le régime de Pétain, et ses gouvernements. En effet, si on y trouvait une majorité de politiciens et de cadres-techniciens, de droite et d’extrême-droite, il y eut quelques personnalités, des radicaux, des « socialistes » (SFIO), et même d’ex-communistes pour s’associer à ceux-ci et former un gouvernement d’union nationale. Les deux premiers gouvernements Macron ont associé des élus ou des membres du PS, des partis centristes et de l’UMP. La ligne politique, notamment dans la politique économique, aura été clairement à droite. Mais la politique concernant les migrants aura, elle, été clairement à l’extrême-droite. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que, pendant ce mandat, Emmanuel Macron est voulu rendre hommage au Maréchal Pétain, et a dû reculer face à la colère exprimée dans le pays pour ce choix et ces propos. Mais fin décembre 2019, le locataire de l’Elysée recevait, dans ce palais si peu républicain, Elie Atem, un « avocat nationaliste », longtemps membre du comité directeur d’Action française, proche du RN et ami intime des Le Pen. A propos de « l’Action Française », le président a tenu aussi rendre hommage à Charles Maurras, le fondateur de la « Ligue d’Action Française » (avant de créer le quotidien « L’Action Française », quotidien « nationaliste, monarchiste, antidreyfusard et antisémite »). Au-delà de Maurras, l’influence de « l’Action Française » entre la fin de la première guerre mondiale et le début de la seconde aura été majeure et délétère, par son soutien au fascisme, en dehors de France et, si possible, en France. Entre 39 et 45, Maurras a soutenu le régime de Pétain, et n’a pas hésite à continuer ses logorrhées antisémites et contre la résistance, gaulliste comme communiste.

Or, le programme présenté hier lors de la conférence tend de plus en plus vers l’extrême-droite, qui, par ailleurs, aura été, comme cela a été démontré par le cas chilien, la matrice du néo-libéralisme. Par exemple, les étrangers qui voudront venir en France devront quasiment être des Français (évaluation de leurs connaissances de la langue française, revenus disponibles, autonomie par le travail), et les autres, qui ne le pourront pas, seront toujours expulsés, plus rapidement et avec moins de recours. Concernant « l’indépendance médiatico-culturelle », elle se définit aussi par et contre les « étrangers », qui tenteraient d’influencer ce qui se dit et se pense en France, mais on comprend que le monde anglo-saxon et notamment américain sera épargné par ces soupçons et ces contrôles, inquisitoriaux. Concernant les « inégalités », celles-ci sont souvent associées à la pratique économique du libéralisme/néo-libéralisme, comme si elles en étaient, mécaniquement, fatalement, et « involontairement », entraînées, alors qu’elles sont considérées comme « naturelles » et « nécessaires » par la pensée de l’extrême-droite qui distingue entre les « forts » et les « faibles ». Or, les annonces du programme Macron II sont, comme nous l’avons déjà rappeler hier, contradictoires : alors qu’il prétend viser ET atteindre le plein emploi, il prévoit que les plus pauvres continueront d’exister, puisque plusieurs dispositions les concernent, dont un RSA conditionné à des heures d’activité. Le système éducatif sera de plus en plus, privatisé, associé au privé, par les entreprises, qui auront un pied dans les écoles, et par l’enseignement catholique, déjà gâté par le ministère Blanquer.

Donc, qu’il s’agisse de son réseau social personnel, dans lequel on trouve de nombreux aristocrates, royalistes, des catholiques réactionnaires, comme des principes et des réalisations de ses gouvernements de 2017 à 2022, et des principes et intentions de son futur gouvernement, en cas de réélection, la politique menée par le président Macron n’est pas du tout de centre-droit, mais de droite/extrême-droite, tendrait à l’être toujours plus. Or, si fin avril 2022, le locataire de l’Elysée était réélu, avec quelle majorité pourrait-il gouverner ? Le parti LREM n’a pas d’assises sociales et politiques, solides. Ses résultats électoraux, municipaux, régionaux, ont été catastrophiques. Le PS est aussi très affaibli. Il faudrait donc qu’ils réunissent des élus du centre (la droite la plus modérée, en théorie), de l’UMP, mais cela serait-il suffisant ? En fonction des résultats des élections législatives qui s’ensuivront, il pourrait donc être tenté de composer une majorité avec les quelques élus de l’extrême-droite, du RN et du nouveau parti de Zemmour, si tant est qu’ils en obtiennent assez – puisqu’il faut rappeler que le RN est un parti qui parvient à se situer à une certaine hauteur aux élections présidentielles, mais qui, aux élections législatives, ne parvient pas à se générer un groupe conséquent à l’Assemblée Nationale, en raison également de sa faible implantation locale dans la plus grande partie de la France. Sans doute n’hésiterait-il pas à mettre en place un gouvernement d’ouverture, à droite et à l’extrême-droite, en intégrant des opportunistes, trop heureux de devenir ministres – comme les Gilbert Collard, Robert Ménard, etc. Ses clins d’oeil vont vers ceux-ci. Mais il pourrait aussi aller jusqu’à rallier Zemmour et son parti, « Reconquête », même si un tel choix aurait immédiatement des conséquences difficiles à envisager dès aujourd’hui (certains de ses soutiens cesseraient immédiatement de le soutenir). La France connaîtrait alors une crise objective.

Ces constats conduisent à la question initiale : mais qui est Emmanuel Macron ? et qui est vraiment derrière Emmanuel Macron ?

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