Mikhaïl Gorbatchev : Avec la fin de l’URSS, les fratricides ont eu la peau de la fraternité, introduction

Mikhaïl Gorbatchev : Avec la fin de l’URSS, les fratricides ont eu la peau de la fraternité, introduction

Il y a celles et ceux qui ont connu « la guerre froide » et il y a les autres : les jeunes nés peu avant ou après 1991. La confrontation mondiale entre les USA et l’URSS est tellement un fait du passé que peu de films d’Hollywood ne l’évoquent ou s’en servent ou ne la « racontent », à leur façon. Jusqu’en 1989, l’Europe était divisée par un mur et par deux camps, lesquels dirigeaient leurs armes thermonucléaires l’un vers l’autre. Et avec les élections de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan, en Angleterre et aux Etats-Unis, les tensions étaient remontées au plus haut degré. Des Américains disaient préférer aller au bout de cette confrontation et disparaître également dans une guerre nucléaire mondiale plutôt que de continuer à accepter la présence et l’influence, soviétiques. Peu l’ont perçu, mais les plus engagés dans la guerre froide étaient du côté américain. Ils y consacraient des ressources gigantesques, des milliers d’hommes, dans le renseignement tous azimut, dans les armées, dans la création de nouvelles techniques militaires, et dans le cinéma hollywoodien. En face, le monde soviétique paraissait plutôt calme. Les premiers menaient la danse, les seconds faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour mal danser. Mais à ce jeu, celui qui conduit la danse finit par faire tomber le danseur malgré lui. Les Etats-Unis voulaient faire tomber l’URSS. Les dirigeants soviétiques voulaient seulement vivre en « bonne entente » avec leurs voisins menaçants. Bien que le camp communiste ait gagné une importante et difficile victoire au Vietnam, par le courage, inouï, des Vietnamiens engagés contre la présence américaine, les Etats-Unis ont réussi en une décennie à presser l’URSS de tous les côtés pour rendre possible sa dislocation, l’y pousser et l’y entraîner, fatalement. Et le puzzle des actions américaines accomplies en un peu plus d’une décennie n’a pas encore été formé.

En URSS, il y eut, après la mort de Brejnev, celle de caciques de l’Etat soviétique, comme Andropov, grosse tête typique de ce que l’URSS a produit, parce qu’ils furent chargés de cette responsabilité alors qu’ils étaient déjà trés âgés. Si la CIA s’était inquiétée de la désignation d’Andropov à la tête du comité central, et du Soviet Suprême, comment fut analysé le profil de Mikhail Gorbatchev ? A 19 ans, il entre au Parti Communiste (1950). Et après, il devient ce que beaucoup appellent de manière juste mais simpliste, un « apparatchik ». A 40 ans, il devient membre du Comité Central du Parti Communiste, sous la protection d’Andropov. A 49 ans, il devient membre du Politburo, le sommet du PCUS. Et à 54 ans (1985), il devient le secrétaire général du Parti Communiste de l’URSS. En quatre ans, ses réformes vont être « décisives ».

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