Nazisme en Ukraine : avec la Pologne, le pays d’Europe de l’Est où les Nazis ont commencé et quasiment réalisé le génocide juif national, et se sont implantés, malgré la soviétisation du pays après 1945

Nazisme en Ukraine : avec la Pologne, le pays d’Europe de l’Est où les Nazis ont commencé et quasiment réalisé le génocide juif national, et se sont implantés, malgré la soviétisation du pays après 1945

Il y a des pays complexes, parce qu’ils associent des populations diverses. « L’unité nationale », derrière un nom, un drapeau, est donc artificielle. Les frontières de ce pays sont le fruit d’une longue Histoire, qui change… en permanence, ou presque. Même si, depuis 1945, et l’établissement d’un droit international des Etats, les frontières, telles qu’elles ont été définies entre la conférence de Berlin de 1885 et la fin de la seconde guerre continentale, ont, dans l’ensemble, peu étaient modifiées, il y a eu, néanmoins, des changements réguliers, au gré des décisions internes propres, de quelques guerres civiles/guerres. Ce qui est intangible, c’est que rien n’est intangible, et « tout » change tout le temps, à des degrés divers. Certains pays vivent dans l’illusion que ces changements n’existent pas ou plus. La France a plusieurs frontières naturelles, notamment par son littoral atlantique, lequel, en soi, ne peut pas varier, mais qui, physiquement, change, en raison de la montée du niveau de l’océan, de la corrosion marine. Mais les changements sont imperceptibles, sauf pour de rares concernés qui ont établi leur résidence trop près des vagues. Il y a des frontières « paisibles » (peu traversées, sans enjeu pour les populations qui habitent d’un côté ou de l’autre), et il y a des frontières tendues, comme entre la Corée du Sud et la Corée du Nord, entre l’Inde et le Pakistan, mais aussi entre le bloc occidental, et la Russie. Parce que, si le « mur de Berlin », le mur qui séparait les Etats du bloc soviétique et les Etats occidentaux a physiquement disparu, l’intégration de ces Etats du bloc soviétique, à la notable exception de l’Ukraine, dans l’Union Européenne et dans l’OTAN, a seulement repoussé ce mur vers l’Est, puisque, à une guerre « froide » chaude, a succédé une guerre froide froide, qui a duré pendant 30 ans et qui elle-même semble prendre fin ces jours-ci.

Si on sait ce qui a eu lieu entre 1989 et 1991 (la disparition de l’URSS et d’une économie planifiée, contrôlée pour réduire l’intérêt individuel), on ne sait pas encore ce qui a eu lieu, c’est-à-dire ce qui s’est réellement passé derrière le rideau des apparences, dont les récits publics, officiels, nous parlent. De l’abandon, volontaire, enthousiaste, de ce bloc soviétique, par une partie, en l’espèce, dirigeante, des pays concernés, les mêmes ont décidé de réclamer l’intégration de leur pays à l’Union Européenne et à l’OTAN, ce qui, bien évidemment, leur a été accordée, dans des délais assez rapides, bien que leur économie nationale soit dans une phase, complexe, difficile, d’adaptation (et disons-le, de destruction), vers le capitalisme. C’est ainsi que des pays dont les niveaux économiques, selon les critères capitalistes, divergaient et divergent (niveau du salaire minimum, droit du travail, « protection sociale », etc), ont fait partie d’une même unité, où, aux Conseils (Soviets) fédéraux communistes (U.R.S.S) ont succédé des « conseils européens » où les dirigeants des pays intégrés ont pu avoir l’impression d’être traités avec respect et égalité, ou ont fait croire qu’ils étaient traités avec respect et égalité, bien que les pays les plus puissants, Allemagne, France, Angleterre (avant qu’elle quitte l’UE), étaient, sont, les véritables décideurs. A nouveau, les Européens marchaient vers l’Est, après Napoléon 1er et Adolf Hitler. Parvenus aux frontières occidentales de l’Ukraine, ils mirent l’arme au pied, provisoirement. Mais les richesses, les multiples intérêts géostratégiques de l’Ukraine, ont suscité des appétits, des convoitises, constantes, puissantes. Mais voilà : l’intégration de l’Ukraine constituait un « os », une potentielle cause de casus belli, avec la Russie, d’autant que celle-ci n’était plus dirigée par un inconscient aviné, Eltsine, mais par un ex agent du KGB, pragmatique, glacial comme l’Arctique, Vladimir Poutine. Lequel, à plusieurs reprises, a rappelé qu’une intégration de l’Ukraine dans l’OTAN était, précisément, une telle cause de. Mais Vladimir Poutine a commis l’erreur de ne pas réagir en 2014 quand les dirigeants européens et américains ont soutenu la « révolution du Maïdan », ce coup d’Etat contre le gouvernement en place, alors que ceux qu’il a fini par mettre en cause, les néo-nazis ukrainiens, furent à la manoeuvre, ce que les services secrets russes ont nécessairement vu, su. Ici, en France, l’affaire fut présentée comme une simple révolte populaire, contre un gouvernement, corrompu et néfaste pour la population. Mais il n’y eut pas un soutien populaire massif pour cette fausse « révolution ». L’essentiel, c’est qu’il y ait des morts. Et il y en eut. Immédiatement, en France et partout dans les pays occidentaux, le gouvernement ukrainien fut accusé d’avoir fait tirer sur des civils. La pression augmenta, et le président Viktor Ianoukovitch, élu, préféra partir avant de se retrouver lynché par quelques uns de celles et ceux qui étaient parmi les plus motivés. La Russie a laissé faire afin de ne pas être accusée d’intervenir d’une manière « illégale ». 8 ans plus tard, cette non-intervention se voit donc atténuée par une « opération spéciale », par des moyens militaires puissants, dont les effets, multiples, sont dévastateurs, puisque les Etats occidentaux ont enclenché un nouveau « containment » contre la Russie (contre lequel elle a déjà commencé à répondre et à s’adapter, plutôt efficacement, mais qui lui crée quand même des difficultés).

Depuis 2014, l’Ukraine est censée être dirigée par des dirigeants « légitimes ». S’ils le sont, l’état général de l’Ukraine leur est donc imputable, et, économiquement, leurs décisions et leurs actions auront été, principalement, désastreuses, par une déconstruction de l’économie ukrainienne, son « oligarquisation » à marche forcée, par le pillage des ressources et des finances, en raison de liens structurels entre la nouvelle classe politique, pro occidentale, et les trust mafieux ukrainiens. Concernant les armées ukrainiennes, ces dirigeants ont décidé d’intégrer dans les forces étatiques, des bataillons et des individus, connus pour leur fanatisme néo-nazi. Et l’Ukraine est devenu le paradis de l’extrême-droite européenne, la plus irascible et adepte des armes, pour aller s’y « entraîner », pour développer leurs réseaux, en Europe et dans le monde. Lors des évènements de Hong-Kong où les Occidentaux ont essayé de déstabiliser la Chine, des militants néo-nazis ukrainiens ont été vus, en « renfort » des « citoyens en lutte pour les libertés ». Du « Maïdan » à Hong-Kong, il y a donc une longue histoire entre l’Ukraine et le nazisme. Pourquoi ?

Quand, au terme de longs préparatifs, Hitler décide, entre le 21 et le 22 juin 1941, de mettre fin au « pacte de non agression » entre l’Allemagne et l’URSS (pacte qui, selon ses termes mêmes, « prévoyait » cette agression, en en faisant une négation, provisoire), il donne l’ordre à des armées allemandes massives d’entrer dans l’ensemble des territoires de l’Est, qu’ils aient été sous le contrôle de l’URSS ou non. Cette guerre a plusieurs objectifs : évidemment, vaincre l’URSS en faisant tomber son régime, prendre possession des territoires pour y préparer l’installation des Allemands selon le plan de « l’espace vital à l’est », mettre la main sur des ressources matérielles ET humaines ET profiter de la situation de domination militaire pour mettre en oeuvre l’assassinat des Juifs européens, où qu’ils soient. Ce sont les premiers mois de la « Shoah par balles ». Pour ces objectifs multiples, Hitler mobilise 4.000.000 de soldats, 600.000 véhicules. A leur entrée dans le vaste territoire ukrainien, les Allemands trouvent des alliés, à l’Ouest, et rencontrent au contraire, indifférence, ou pire, rejet, hostilité, à l’Est. Comme indiqué au début de ce texte, « l’unité » de l’Ukraine était, déjà, artificielle, comme elle l’est aujourd’hui, par le fait de lier des gens qui ne s’aiment pas. Ceux qui mirent en place et gérèrent cette « collaboration ukrainienne » avaient commencé à la préparer avant la guerre (comme en France), et continuèrent, comme Bandera, après la guerre, réfugiés à l’Ouest, sous la protection, des Allemands, des Anglais, des Américains, des Canadiens. Les Occidentaux ont donc protégé, en raison de leur guerre « froide » contre l’URSS, des criminels de guerre. Ceux-ci ont ou décidé, ou couvert, ou participé, au massacre dit de « Babi Yar« . Le principal responsable de cette politique ukrainienne de « collaboration » est Stepan Bandera. Après le coup d’Etat de 2014, le nouveau président de l’Ukraine a décidé de faire de Bandera, un « héros de l’Ukraine », pour lequel des hommages, officiels, publics, des défilés, sont menés, « au nom de l’Ukraine ». En trois ans, le nazisme (il n’y a pas lieu de faire de différence de nationalité entre les responsables de ces crimes) a assassiné plus d’un million de Juifs. Il y a donc bien pire que le « régiment Azov » : il y a la construction, la diffusion, d’un récit nationaliste ukrainien, explicitement antisoviétique, antirusse et souvent antisémite, par les autorités ukrainiennes, et c’est avec celles-ci que les dirigeants de l’UE discutent depuis 2014 de l’intégration de l’Ukraine, les dirigeants de l’OTAN, également. Mais comment expliquer que le nazisme soit ainsi présent, actif, visible, virulent en Ukraine encore aujourd’hui ? Puisque l’Ukraine est une « unité artificielle », nombre des habitants de l’Ouest de l’Ukraine ont maintenu leurs sentiments et leurs « idées », de 1945 à 1991. « L’épuration », soviétique, après 1945, a été plus sévère que dans les pays occidentaux, mais elle n’a pas pu déterminer l’identité de tous les coupables de collaboration, ou, quand elle les a quand même identifiés et jugés, elle ne les a pas nécessairement condamnés à mort. Ils ont donc pu être libérés, et ont retrouvé une vie familiale, sociale. D’autres se réfugièrent dans les pays occidentaux mais ont maintenu des liens avec leurs familles, leurs amis. D’autres sont même revenus en Ukraine, avec une fausse identité, pour agir en tant qu’espions, au service des Occidentaux. On le sait rarement, mais, après 1945, il y eut, cas unique en Europe, pendant plusieurs années, des foyers de lutte antisoviétiques, animés par ces collaborateurs, survivants de 1945. Avec la fin de l’URSS, ils devinrent libres d’exprimer ces sentiments et ces idées. Il en est de même dans les pays Baltes, en Pologne.

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